mardi 25 novembre 2008

J'aime regarder l'expat

J'aime,
J'aime regarder l'expat qui roule en gros 4x4,
qui fréquente « LE CLUB L'INTERCONTINENTAL »,
Cocktails à l'ambassade et golf dans le sable,

J'aime,

J'aime regarder l'expat qui de son air pédant,
méprise le local et critique l'Oman,
donnant des ordres fermes à la femme de ménage
J'aime


J'aime regarder l'expat qui vit en autarcie,
qui connait ni tortue, ni même un seul wadi,
qui s'en va l'vendredi à Dubaï faire du ski,
J'aime

J'aime regarder l'expat qui roule en coupé sport,
Surveille le cours de l'or et celui du pétrole,
Économise encore pour acheter le hors-bord,
J'aime


Un expat : un vrai avé le 4x4 au nom de la boite....



Et oui, c'est drôle comme l'expat qui peut être un être si différent dans son pays d'origine, devient tellement universelle à l'étranger. Que l'on soit à Vientiane, à Tananarive, à Brazaville, à Mascate, l'expat en mission a toujours le même profil.


Il adooore vivre ici car il y a certains avantages que l'on n'a pas à Londres, à Paris, à New York.... Lesquels ? Le pays ? Les gens ? .... Pouah, non, surtout pas le pays, ni les gens. Cela n'a aucun intérêt, si ce n'est de critiquer la population locale, qui conduit mal, qui crache par terre, qui parle arabe, qui fait ramadan ......

Non, ce qui vaut le coup ici, c'est le soleil et les palmiers de la piscine de l'INTERCON1, rouler en grosse bagnole lustré chaque jour par le « petit » jardinier, dîner le soir en amoureux dans un palace ou au buffet de l'ambassade, être gentil avec ses deux maids2 à plein temps « car c'est confortable ! », fréquenter d'autres expats « hypeeeeeer interessants » car avec eux au moins, on peut avoir des conversations « hypeeeeeeer interessantes » en critiquant les omanais et en partageant les mêmes inquiétudes face à la crise des subprimes, se faire 2 ou 3 weekends par an, entre expats en visitant les 2 ou 3 pièges à touristes du pays et mieux, aller 2 fois par mois claquer son fric aux Emirats.... « Comment, vous ne l'avez pas encore fait !!!! Mais c'est absolutly à faire !!!! ».

Vite, fuir tout cela ........


Heu...... finalement, on va se la jouer quand même profil bas. On avoue qu'on a déjà un certain nombre des ingrédients de l'expat : le gros 4x4, la femme de ménage (seulement 3h par semaine, hein !), l'inscription dans un hôtel pour avoir la piscine pour les enfants et entretenir sa forme en jouant au hamster sur les tapis roulants, imaginer consacrer un de nos WE pour aller visiter Dubaï et y constater qu'une petite partie du monde marche sur la tête........ Mais rassurez-vous, même en cas de « neigeoïte aigüe », par éthique, on boycottera le dôme de la station de ski en plein désert !


Et voici en exclusivité et en images, ce qui se passe quand l'expat veut faire le kéké dans la dune de sable à 10 mètres de la route pour épater ses enfants......


Au départ, les roues sont juste un peu enlisés et femmes et enfants creusent à la main. Mais.......

Très vite, deux ou trois omanais en disdashas bien blanches et raybans s'arrêtent pour "aider" et prendre les choses en main. N'oubliez pas : le 4x4 s'est planté à 10 mètres de la route !!! Notez que c'est l'expat qui pousse et que c'est l'omanais qui se met au volant.


L'expat émet des doutes sur la technique omanaise..... Mais heureusement du renfort arrive : d'autres disdashas et raybans aux sourires bien goguenards et avec des "ça va bien ?" en français.


Après 4 changements de conducteurs, le 4x4 s'est certes un peu désenlisé mais pas dans la bonne direction..... Juste échoué au sommet de la dune avec un beau saut d'1,50 mètre en perpective. "Ca va toujours bien encore" avec l'accent omanais et resourires goguenards. Nouvelle technique envisagée : on dégonfle les pneus en les mettant à plat et astuce suprême, on utilise ses clès de contact pour le faire.


Toujours pas de problème : on a peur de rien, on tente le saut en marche avant.....
Et là, le neurone de l'expat se remet à connecter : c'est son 4x4 et il y tient quand même. Il sugère une nouvelle tentative en marche arrière. La fumée, c'est juste l'embrayage qui est en train d'être bousillé. L'omanais ne sait pas passer la marche arrière et pour mieux faire ronfler le moteur, il est en sixième !!!
Résultat des courses : au final une démonstration musclée de conduite sur le sable pour épater l'expat, un embrayage foutu qui sent le chaud et une galère pour trouver une station pour regonfler les pneus.
Là, l'expat, on peut dire que tu es un sacré chanceux et je crois qu'on peut considérer que ce jour là, tu as eu ton aventure annuelle !

1L'intercontinental, c'est l'hotel incontournable féquenté par l'expat français. Il le prononce à l'américaine, "tu viens à l'interconnnn this afternoon".... car c'est nettement plus classe et plus branché ! Et puis, on n'est pas con, hein !
2Bonne à tout faire et nounou d'origine indienne, sri lankaise, philipine.... Ah, non, non, non, j'ai jamais dit "esclave moderne".....

3 commentaires:

Estelle LAURENT a dit…

Bonjour les Wadis

Nous revenons d'Oman, avec la tête pleine de belles images et de belles rencontres.

J'ai surtout été déçue par les français en goguette, à qui on dit "bonjour" et qui ne nous répondent pas...
Venant d'Arabie saoudite, on aurait été contents d'avoir un court échange avec des compatriotes...

FRED a dit…

Bonsoir
Nous revenons d'Oman et à la recherche d'infos sur Wadi As Suwayh que nous n'avons pas trouvé sur place , je tombe sur votre blog . Vous m'avez bien fait rire avec votre chapitre sur l'expat , excellent !! tout comme le poème d'ailleurs mais vous n'avez pas du vous faire que des amis avec ça surtout ceux de l'Interconn ?
Fred
http://rafa7722.unblog.fr/

Marie-Chantal Vidal a dit…

Bonsoir

Pour nous pas de serpents dans les wadiis mais du plastique pour moi il est urgent que les omanais prennent conscience que le plastique ce n’est pas l’avenir,
Une belle surprise une belle aventure et j’espère que nous y retournerons car cela à était magique.
Merci pour votre blog et en plus on ne s’ennui pas en vous lisants.

Chantal