A deux pas du souk du vieux quartier de Mascate, abrités sous des halls, les pécheurs proposent leurs montagnes de poissons, tous les matins, dès les premières heures du jour. « Ca fouette là-dedans » même si la mer n’est pas bien loin. « Il est pas frais mon poisson ?». « Euh, si Marius, plus frais que celui de Mohamed… ». C’est pas la Canebière mais cela pourrait y ressembler, fan de chichoune
"Et Jeannette, vé comme il est beau le poisson aujourd'hui.... "
On négocie sa pièce, on la pèse et on peut la faire découper par des pro de la machette.
Tchic, tchac, en deux temps, trois mouvements, emballé, c’est pesé, le poisson, il est tout escagassé. Les brouettes n’ont plus qu’à se frayer un chemin entre les rigoles de sang et de déchets pour ramener la précieuse cargaison à la voiture. Plus qu’à mettre le filet d’huile d’olive et on se croirait chez Francis, au Vieux Port, en face de la Bonne Mère.
Bon, la maman des poissons, elle a bien l’œil tout rond, c’est vrai qu’on la préfère avec du citron. Mais moi, Marius, tu vois, je l’aime encore mieux au fond des mers d’Oman à nager entre les coraux. Au moins, Marius, celui là, non seulement, il est super frais ton poisson, mais en plus, il est super beau….. Je peux pas te décrire les couleurs, jamais, tu me croirais, fan de pied….